Comment le reprofilage de la dette africaine contribue à la réduction des impacts économiques de COVID-19 - African Trade Insurance Agency (Fr)

Comment le reprofilage de la dette africaine contribue à la réduction des impacts économiques de COVID-19

Au final, de nombreux pays africains réexaminent actuellement la structure de leur dette

NAIROBI, le 26 juin, 2020 – Le dernier rapport du FMI sur le Togo, publié le 16 avril 2020, a cité l’opération de reprofilage de la dette du pays comme un facteur contribuant à réduire la valeur actuelle nette de la dette publique totale du pays.

En temps normal sans COVID-19 ni dommage économique provoqué dans le monde entier, cette nouvelle serait passée inaperçue. En Afrique, l’impact de cette crise sociale et économique pourrait plonger le continent dans sa première récession depuis 25 ans tout en lui faisant perdre entre 3,4 % et 4,1 % de son PIB. Dans ce contexte, il est intéressant de noter que le FMI a mentionné l’évolution positive du Togo vers une gestion durable de la dette

Suite au succès de ce programme, le Togo a récemment annoncé l’obtention d’un deuxième prêt de 150 millions d’euros auprès des marchés financiers internationaux. Ce second prêt permettra également de restructurer la dette à court terme dans le cadre de l’initiative de gestion de la dette du pays, qui devrait également renforcer les efforts d’atténuation des impacts économiques de COVID-19. L’ACA a fourni une garantie de 100 % sur le prêt au Togo et aujourd’hui, après de  multiples actions en soutien à des pays d’Afrique de l’Ouest, d’autres pays d’Afrique prennent bonne note.

Le Togo, comme quelques autres pays d’Afrique de l’Ouest, à savoir le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Niger, a bénéficié d’un outil de financement mixte peu connu qui utilise des mesures de renforcement du crédit, ou garanties, d’institutions multilatérales pour abaisser le coût de  l’emprunt et obtenir des prêts à plus long terme.

Les fonds obtenus de ces nouveaux emprunts ont été alloués au rachat de dettes existantes plus coûteuses et à courte maturité, réduisant ainsi, dans de nombreux cas, le coût du service de leur dette à plus de 100 %.Dans le contexte actuel de COVID-19, ces transactions, qui ont eu lieu en grande partie avant la pandémie, sont désormais appréciés sous un angle meilleur.

Alors que les inquiétudes concernant l’augmentation des niveaux d’endettement sont de plus en plus vives, notamment en ces temps d’investissements en infrastructure sociale  de base destinés à contenir les méfaits de la pandémie, la décision prise par des pays comme le Togo a permis de créer des marges de manœuvre considérable.

En Afrique, comme dans d’autres régions en voie de développement, cette stratégie a évolué au fur et à mesure que le financement des donateurs diminuait, que les besoins en infrastructures des pays augmentaient et que l’accès au financement commercial était limité ou à un coût exorbitant. En conséquent, les gouvernements se sont tournés vers les garanties de crédit multilatérales, généralement de la Banque mondiale, pour réduire les coûts d’emprunt. Cependant, ces garanties ont également été confrontées à leurs propres difficultés : elles étaient rares et assorties de conditions restrictives.

En 2018, pour combler cette lacune, l’ACA a contribué à la création d’un outil novateur de renforcement du crédit auprès des emprunteurs souverains africains, qui a utilisé les produits existants disponibles sur le marché privé de l’assurance et de la réassurance, protégeant ainsi les prêteurs potentiels contre le non-paiement et la rupture unilatérale de contrat. Dans le cadre d’une transaction accompagnée par l’ACA, MUFG a octroyé un prêt de 260 millions d’euros au Bénin, qui a ensuite été distribué aux investisseurs institutionnels, ouvrant la voie à une toute nouvelle catégorie d’investisseurs pour la dette africaine.

Dans l’un de ses premiers rapports établis sur l’opération de reprofilage du Bénin, le FMI a noté un gain net positif sur toute la durée du prêt, indiquant que « l’opération a remplacé la dette intérieure coûteuse et de courte durée (avec un taux d’intérêt moyen de 71/2 % et une durée résiduelle de 51/2 ans) par une dette extérieure à de meilleures conditions (taux d’intérêt de 31/2 et durée de 12 ans) ».

 « L’objectif principal de l’ACA est de fournir des solutions utiles aux gouvernements de nos pays membres.  Ces transactions de reprofilage sont populaires parce qu’elles répondent au souhait des gouvernements de gérer plus durablement leur endettement, qui, selon nos prévisions, deviendra une priorité pour de nombreux pays au moment où la pandémie du COVID-19 continue de faire des ravages économiques », a noté M. Benjamin Mugisha, Responsable de la Souscription par intérim.

 Un récent communiqué de presse publié par le gouvernement du Togo indique que « la mise en œuvre réussie de cette stratégie permet de positionner le pays comme un emprunteur de référence sur les marchés internationaux, d’améliorer l’évaluation par le FMI du risque de surendettement du pays et de réaliser des économies substantielles dans le service de la dette dès cette année et au cours des deux prochaines années ».

 Le communiqué de presse complet du gouvernement du Togo est disponible sur ce lien https://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/Finances/Strategie-de-gestionactive-de-la-dette

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